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Elle est un peu retard ? « J’étais au téléphone avec le premier ministre du Québec. Vous avez le bonjour du premier ministre du Québec ! », lance Ségolène Royal à un parterre ravi d’un millier de personnes. À Domérat, petite commune rurale proche de Montluçon (Allier), la candidate socialiste a ouvert, mercredi 24 janvier, le troisième volet de ses débats participatifs consacré à l’environnement, l’agriculture et la santé.
Venue accompagnée de l’ancien ministre Bernard Kouchner et du professeur Dominique Belpomme, spécialiste du cancer, Mme Royal a affirmé « tenir fermement le flambeau » de Nicolas Hulot, et vouloir « passer à l’action ». « Nous n’avons pas le choix, a-t-elle déclaré. C’est la condition de notre survie. Les principaux foyers des conflits et des guerres de demain seront liés à l’environnement. » Et pour la candidate, une chose est sûre : « La protection de
l’environnement est incompatible avec le libéralisme, la loi du marché, qui calcule à court terme et est un prédateur des biens collectifs comme l’eau, l’air, le sol. »
De nouvelles propositions ont émergé. Dans le domaine agricole, Mme Royal souhaite l’organisation d’«états généraux de l’agriculture», juste après l’élection présidentielle, qui déboucheraient sur une nouvelle loi d’orientation.
Peu avant, lors d’une brève rencontre avec des agriculteurs, elle avait indiqué son intention de s’attaquer à̀ « un sujet chaud » : la répartition inégalitaire des primes au profit de l’agriculture la plus intensive, et la régionalisation partielle des aides. À Domérat, tout en confirmant son intention de réformer la fiscalité au profit de l’écologie et de lancer un moratoire sur les OGM en plein champ, Mme Royal a annoncé qu’elle réviserait la loi sur l’eau votée en décembre 2006 « vidée de son contenu », selon la candidate, qui veut « appliquer progressivement le principe pollueur-payeur » aux entreprises. Un programme national de réduction de l’usage des pesticides serait également lancé. Enfin, Mme Royal souhaite engager une négociation à l’échelon européen pour créer une « éco-redevance » sur le transport de marchandises par camions.
Bien décidée à promouvoir les énergies renouvelables, elle veut diminuer la part du nucléaire en France, au risque de se brouiller avec son allié Jean-Pierre Chevènement. « Il faut avoir le courage de programmer une action progressive d’extinction des centrales nucléaires anciennes et les plus dangereuses, a-t-elle lancé. Je ne veux pas que la France ferme les yeux, qu’elle garde des tabous (...), je ne veux pas d’une France qui se laisse intimider sous le poids des lobbies. » Déjà, elle a apporté son soutien aux partisans de la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin).
Comités d’entreprise
Sur le plan institutionnel, Mme Royal a promis une « reconnaissance du rôle joué par les associations de protection de l’environnement », en tant qu’« auxiliaires de service public » avec la création d’un statut de bénévoles. Des associations, a-t-elle précisé, qui feraient leur entrée dans les comités d’entreprise « pour représenter les préoccupations des riverains, des consommateurs et de l’environnement dans les négociations ».
Une idée qui risque de mettre en émoi les entreprises mais bien compatible, dans l’esprit de Mme Royal, avec la promesse de créer un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable.
Gaëlle Dupont et Isabelle Mandraud
Le positionnement de Ségolène Royal est clair : les centrales qui atteignent 30 ans sont vieilles et dangereuses et c'est hélas le message qui va rester dans l'opinion.
L'arrêt de Fessenheim serait le début de la sortie du nucléaire, d'abord parce que 14 unités ont démarré entre 1977 et 1980 et surtout parce qu'il devient économiquement impensable de construire un EPR dont la durée de vie ne serait pas de 60 ans. N'oublions pas que les centrales US de référence soit Beaver Valley pour Fessenheim et North Anna pour Bugey ont reçu des autorisations pour une DDV de 60 ans.
Le "troc" entre la construction de l'EPR et l'arrêt de Fessenheim serait aussi stupide que celui mis en avant à l'époque où le démantèlement de SPX devait protéger le reste du parc.
N'oublions pas aussi que le débat sur le retraitement va revenir sur le devant de la scène alors que nous savons tous qu'un nucléaire en cycle fermé est la seule formule qui permet de maintenir l'option ouverte, de réduire les volumes de déchets et de récupérer la matière fissile dont nous allons avoir besoin pour amorcer la 4ème génération. Or Bruno Rebelle sait que l'arrêt du retraitement signifie l'arrêt du nucléaire et ne se privera pas de conseiller la candidate sur ce sujet.
Une source proche du dossier a indiqué hier que l’amende pour entente illicite que s’apprête à infliger aujourd’hui la Commission européenne à une demi-douzaine d’entreprises (dont AREVA, Alstom et Siemens) spécialisées dans la fabrication de commutateurs électriques isolés au gaz s’élèvera au total à quelque 750 millions d’euros. Cette amende serait la deuxième plus importante qu’ait infligé l’exécutif européen. C’est Siemens qui serait le plus pénalisé : il devrait payer près de 400 millions d’euros, soit la deuxième amende individuelle la plus forte jamais payée par une entreprise de l’UE dans une affaire de cartel. Alstom, qui a vendu la filiale impliquée dans ce dossier, n’en devrait pas moins payer plus de 60 millions d’euros. Enfin, AREVA, qui a racheté cette filiale d’Alstom sans avoir connaissance du cartel, se verrait imposer une amende plus faible.
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