Lundi 12 mai 2008

Univers Nature 09-05-2008

Le 3 mars dernier, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, a validé  un décret mettant à jour la législation sur le traitement des combustibles usés et des déchets radioactifs.

Jusqu’alors la réglementation déjà en place permettait aux pays étrangers d’exporter leurs résidus radioactifs vers l’un des sites français de traitement des déchets nucléaires, sous condition, qu’une fois traités, les déchets leur soient obligatoirement retournés.

Désormais, à la faveur du nouveau décret n°2008-209, les pays étrangers pourront se  délester définitivement d’une partie de leurs déchets radioactifs sans être aucunement inquiétés.

L’exemption de retour des déchets traités concerne spécifiquement les matières « valorisables, les
rejets autorisés et les déchets occasionnés par le seul usage des installations de l’exploitant (déchets issus de l’entretien des infrastructures, les solvants usagés, sans oublier les boues
d’évacuation et les déchets de démantèlement, N.D.L.R.) », identifié ici comme le groupe français AREVA.

Texte disponible ici
______________
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018209164&dateTexte=
_______________________
http://aida.ineris.fr/textes/decrets/text2679.htm
par Président Wonuc Fance publié dans : Actualité
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Lundi 12 mai 2008

Paris, le 06 mai 2008

AREVA Inc. a annoncé aujourd’hui la sélection de l’Etat de l’Idaho pour la construction

de sa future usine d’enrichissement de l’uranium aux Etats-Unis. Le site se trouve

dans le Comté de Bonneville, à environ 30 kilomètres à l’ouest de la commune d’Idaho

Falls, proche de l’Idaho National Laboratory.

Ce choix final a été effectué après une analyse approfondie des conditions techniques,

environnementales et socio-économiques de plusieurs sites proposés à travers

l’ensemble du territoire américain. Suite à cette sélection, AREVA va pouvoir engager

les demandes d’autorisations nécessaires, préalables à la construction de l’usine,

auprès des autorités fédérales, locales et de l’Etat, incluant la demande de permis de

construire et de licence d'exploitation auprès de la Nuclear Regulatory Commission.

A cette occasion, Michael McMurphy, Président d'AREVA Inc., a déclaré : « Les Etats-

Unis ont besoin d’énergie propre pour soutenir sa croissance économique. Pour

répondre à ce besoin, nous devons élargir nos infrastructures de production

d’électricité d’origine nucléaire, sécuriser nos approvisionnements en services

d’enrichissement, et réduire ainsi de manière significative la dépendance énergétique

de notre pays. » Faisant spécifiquement référence au choix du site, M. McMurphy a

ajouté : « En dépit des nombreuses qualités des autres sites proposés, nous avons

choisi Idaho Falls qui dispose déjà d’une forte culture nucléaire et qui souhaitait

vivement accueillir AREVA et cette nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium. Nous

nous réjouissons à la perspective d’établir un nouveau partenariat efficace et porteur

d’avenir dans cette région. »

Cette nouvelle usine représente un investissement de plusieurs milliards de dollars, et

devrait créer plusieurs centaines d’emplois hautement qualifiés en phase de

construction et d’exploitation.

L’usine d’Idaho Falls offrira ses services aux exploitants de centrales nucléaires

américaines, en utilisant la technologie éprouvée de l'enrichissement par

centrifugation, développée par Enrichment Technology Company, Ltd. (ETC), filiale

d’AREVA, et leader mondial en technologies d’enrichissement. La centrifugation est

utilisée avec succès en Europe depuis plus de trente ans, consommant près de 50

fois moins d’électricité que la technologie par diffusion gazeuse.

En France, AREVA a construit et détient l’usine d’enrichissement de l’uranium

Georges Besse, qu’elle exploite en toute sûreté depuis près de trente ans. Une

nouvelle usine, Georges Besse II, est actuellement en construction. Les premières

productions devraient intervenir en 2009.

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Lundi 12 mai 2008

AFP - 30 avril 2008 - L'association des vétérans des essais nucléaires français (Aven), qui milite pour faire reconnaître l'impact de ces tests sur leur santé, a dénoncé mercredi un "refus de dialogue" de la part de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, lors d'une conférence de presse à Angers.

L'Aven a indiqué qu'elle n'avait toujours pas reçu de réponse de Mme Bachelot à sa demande de mise en place d'un suivi médical des personnels ayant assisté aux essais nucléaires menés par la France au Sahara et en Polynésie à partir des années 1960.

En novembre dernier, des représentants de l'Aven ont été reçus au ministère de la Santé par des collaborateurs de la ministre. "Nous attendons toujours le compte-rendu de la réunion", a déclaré André Devena, trésorier de l'association qui a assisté à plusieurs campagnes de tirs à Mururoa en Polynésie française en 1967 et 1968. "N'avons-nous pas droit à la même attention que les victimes irradiées de l'hôpital d'Epinal?", a-t-il interrogé.

"A quoi sert un ministère de la Santé qui n'est pas capable d'organiser la prévention pour sauver des vies humaines ou anticiper les maladies pour des personnes exposées à des risques particulièrement dangereux", a dénoncé Michel Verger, le vice-président de l'Aven, aux côtés d'une dizaine d'autres vétérans de Maine-et-Loire.

Agé de 61 ans, celui-ci affirme avoir perdu dents et cheveux l'année suivant son retour et souffrir depuis de problèmes cardiovasculaires et respiratoires.

Selon l'Aven, depuis la création de l'association en 2001, près de 300 dossiers ont été ouverts en justice par des adhérents malades pour faire reconnaître le lien entre leurs pathologies et leur exposition aux radiations nucléaires.

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Lundi 12 mai 2008

Pour info,  lu sur le site internet de l'ASN :

Le décret n°2008-378 du 21 avril 2008 (texte ci-dessous) instituant un conseil de politique nucléaire, présidé par le Président de la République, a été publié au Journal officiel du 23 avril.

Ce décret est notamment pris en application de la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, dite « loi TSN ».

Le conseil de politique nucléaire définit les grandes orientations de la politique nucléaire et veille à leur mise en œuvre, notamment en matière d'exportation et de coopération internationale, de politique industrielle, de politiques énergétique, de recherche, de sûreté, de sécurité et de protection de l'environnement.

Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire peut être invité à participer au conseil pour les questions relevant de ses attributions.

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Samedi 10 mai 2008

 

RIA-Novosti - 07/05/2008 - Une fuite de substances radioactives s'est produite dans une usine de combustible de la compagnie Enusa dans le village de Jusbado (Salamanque), annonce mercredi la Radio nationale espagnole (RNE), se référant au Conseil espagnol de sécurité nucléaire (CSN).

"La fuite s'est produite lors d'une vérification de routine de l'état des machines dans l'atelier de production du combustible destiné aux centrales nucléaires", lit-on dans le communiqué.

Selon le CSN, "l'incident est dû à une erreur de l'opérateur, qui s'est mis à démonter un appareil, sans l'avoir déconnecté au préalable".

"La fuite de particules radioactives s'est produite après que l'opérateur a ôté le couvercle de la machine. Lui et six de ses collègues ont été évacués en urgence afin de subir des analyses médicales", annonce RNE.

La radio souligne que "la fuite n'a pas eu d'influence sur la santé des travailleurs, qui portaient des masques respiratoires et que la radiation ne s'est pas répandue au-delà de l'atelier".

Le travail de l'usine a été suspendu pendant deux heures, et une opération de désactivation a été organisée.

En Espagne, la dernière fuite de substances nucléaires avait eu lieu dans la centrale nucléaire d'Asco (Tarragone) en novembre 2007
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Samedi 10 mai 2008

Au bout de 12h00 de présence sur le site le PAP recherche l’agent impliqué dans le dépassement horaire.

Ce cas dénoncé par la CGT est donc pour le moins curieux.


 



La Voix du Nord - mardi 06 mai 2008

 



Le directeur de la centrale de Gravelines était convoqué devant le tribunal de police, jeudi 24 avril. Il y a un an, lors d'une descente inopinée de l'inspection du travail, quarante-cinq infractions au Code du travail avaient été relevées, pointant des dépassements de la durée légale du travail. Le procès a été reporté au 12 juin. En rappelant qu'un salarié a fait un malaise après quarante-deux heures passées à son poste, les syndicats dénoncent une pratique courante à EDF.

 

Ça« turbine » trop à la centrale ? «Pour nous, ce n'est pas une surprise. Ça fait des années qu'on dénonce les dépassements de la durée légale du travail à la centrale», déclare tout de go le secrétaire général CGT du collège ouvriers-employés. «Il y a deux ans, un salarié a passé quarante-deux heures sur son poste. Il a fait un malaise», renchérit le représentant CGT du collège encadrement.

Un an plus tard, les services de l'inspection du travail faisaient une « descente » à Gravelines, sur le site de la centrale nucléaire. Ils y ont relevé quarante-cinq infractions, essentiellement des dépassements de la durée maximale quotidienne et hebdomadaire du travail.

Les syndicats exultent. Ils ne sont pas à l'initiative de la procédure et d'ailleurs ne se constituent pas parties civiles. Mais les constatations de l'inspection du travail dépassent leurs espérances.

Contraints de faire du « rabe »

«Même si le directeur de la centrale, Éric Jouen, est directement concerné dans cette procédure, ce n'est pas lui en particulier qui est visé. Le problème, selon nous, est plus général. Il s'agit de l'organisation du travail à EDF et sur les sites nucléaires. Bref, il y a un problème global sur la politique de l'emploi. Ce sont les salariés qui doivent supporter des décisions qui ne visent que le gain de productivité».

Quitte à se mettre hors-la-loi, analyse le secrétaire du collège ouvriers-employés. Selon lui, sur les 8 000 départs à la retraite programmés en 2008 et 2009, seuls 4 000 embauches sont prévus à EDF. «Avec les absences, les stages, les congés, tous les imprévus, comme nous travaillons toujours en équipes minimum, on se retrouve vite à dépasser la durée légale quotidienne ou hebdomadaire du travail. Et ça, c'est partout pareil sur les 19 sites nucléaires français», concluent les représentants syndicaux.

Pour justifier les dépassements de la durée légale du travail devant le tribunal de police, la centrale ne manquera pas d'évoquer des impératifs de sûreté nucléaire : un employé ne peut pas quitter un poste sensible sans être relevé. Le moindre imprévu, une petite désorganisation dans la chaîne des effectifs, et le personnel est contraint de faire du « rabe », de rester rivé à son poste. «C'est évidemment l'argument choc, soi-disant imparable que nous sort à chaque fois la direction : la sûreté prime. Certes, mais avec des moyens humains à la hauteur, c'est mieux.»

Plan d'action pour résorber le problème

Sur les infractions relevées par l'inspection du travail, Éric Jouen, le directeur de la centrale, n'a pas souhaité s'exprimer directement. Mais les services de la communication d'EDF nous ont affirmé «qu'un plan d'action a été mis en place pour résorber ces problèmes de dépassement de la durée légale du travail». Enfin, elle réfute les prévisions pessimistes de la CGT. «Dans ce plan d'action des embauches sont prévues».

Ils étaient une poignée de camarades de la CGT, à venir assister à l'audience du tribunal de police, le 24 avril. Le procès a été renvoyé. C'est le 12 juin que cette juridiction se penchera sur ces infractions. Éric Jouen risque des contraventions de quatrième classe.

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Samedi 10 mai 2008

Période 1998 - 2001


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La Corse figure parmi les régions de France les plus exposées aux retombées de l’accident de Tchernobyl. Compte tenu des connaissances scientifiques sur les effets sanitaires dans les pays les plus exposés, il a été décidé de focaliser l’étude sur les cancers de la thyroïde. Dans un premier temps, nous avons situé la Corse par rapport au reste de la France en estimant l’incidence des cancers de la thyroïde dans l’île.

Cette étude a permis de recenser les cas de cancer de la thyroïde incidents en Corse sur la période 1998-2001 en croisant les données des établissements de soins, des caisses locales d’assurance maladie (ALD30) et des laboratoires d’anatomopathologie.

Les résultats ont montré qu’en comparaison avec les chiffres des registres départementaux des cancers du réseau Francim, le taux d’incidence du cancer de la thyroïde en Corse était élevé, particulièrement pour les hommes. Les tumeurs étaient principalement de type papillaire et plus de la moitié étaient de taille inférieure à 1 cm. Les sujets semblaient plus jeunes au moment du diagnostic de leur cancer que dans les registres.

La description des cas semble plaider en faveur d’un rôle probable des pratiques de dépistage chez les patients domiciliés en Corse. Toutefois, ces résultats justifient la poursuite des travaux sur l’incidence des cancers de la thyroïde en Corse, pour la période 2002-2005, afin de consolider ces premiers résultats et la mise en place d’études étiologiques sur les facteurs de risque du cancer de la thyroïde, pour mieux expliciter la situation en Corse.

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Samedi 10 mai 2008

 

Jean-Louis Borloo nous refait le coup de la maison à 100 000 e. Cette bâtisse si peu coûteuse qu’elle devait fleurir à tous les coins de rue. L’ancien ministre de la cohésion sociale en prévoyait 30 000 par an. Faute de crédits publics, 800 seront livrées cette année. Avec le Grenelle de l’environnement, c’est un peu lamême chose.

 

Dans la première mouture du projet de loi, les objectifs étaient ambitieux et les crédits nombreux. Entre-temps, Bercy et Matignon  ont passés par là. Et dans la version du projet de loi rendue publique mercredi, on retrouve l’esprit du premier jet, mais pas les engagements financiers. Initialement, «tous les bâtiments publics et tertiaires» devaient être conçus selon la norme «bâtiment basse consommation», six mois après la publication de la loi. Désormais, l’Etat pourra attendre 2011 et les autres maîtres d’ouvrage 2012. Evidemment, la dotation de 265 Me pour tenir cet objectif a disparu.

 

Mais il y a plus grave. Il était prévu que «l’ensemble du parc de logements sociaux, soit 4,2 millions de logements, (fasse) l’objet d’une rénovation énergétique avant 2020». Et à ce titre, l’Etat devait prêter 6 Mde aux organismes HLM. Désormais, il ne s’agit plus que de rénover 800 000 logements, en douze ans, sans savoir quel sera le montant de l’aide étatique aux bailleurs sociaux. La formation des professionnels du bâtiment aux nouvelles techniques ? Une très bonne chose. Hélas, les 100 Me du programme ont disparu. Tout comme le plan de rénovation des habitations consommant plus de 450 kWh/an/m2.

 

En ces temps d’énergie chère, la lutte contre la précarité énergétique n’est plus une priorité. Terminé aussi l’appel à projets pour les agglomérations souhaitant réaliser des éco-quartiers. Pour le rail, il était  orévu«de renouveler 1 000 km de voies par an». L’objectif a dû rester en gare de Bercy. Tout comme l’enveloppe de 150Me destinée aux autoroutes de la mer.

 

Les 2000 km de lignes TGV nouvelles sont toujours sur les rails, mais plus les 37 Mdse de crédits publics. Bercy devait aussi consacrer 4,5Mdse à l’extension des transports publics urbains. Il ne débloquera, au mieux, que 2,5 Mdse. Consacré à l’énergie, l’article 15 prévoyait la construction de réseaux décentralisés. Ceux-ci ont été totalement enterrés. Tout comme le fonds d’aide aux ENR (800 Me) que devait gérer l’Ademe.

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Samedi 10 mai 2008

AFP - 30 avril 2008 - TOKYO - La grosse compagnie d'électricité japonaise Tokyo Electric Power (Tepco) a fait état mercredi d'une très importante perte nette pour l'exercice 2007-2008 à cause de la paralysie de sa centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, endommagée par un puissant séisme en juillet.

Au terme de l'année budgétaire achevée le 31 mars, Tepco a subi un déficit net de 150,11 milliards de yens (960 millions d'euros), très légèrement en-deçà de ses dernières prévisions (155 milliards), mais nettement plus important que son estimation initiale (95 milliards).

Tepco avait dégagé un bénéfice net de 298 milliards de yens l'année précédente.

La dégringolade du résultat net s'explique, selon le groupe, par des frais extraordinaires de 175 milliards de yens (1,13 milliard d'euros) dus à la fermeture depuis juillet, et pour une durée indéfinie, de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa (centre), la plus grande du monde (8.212 mégawatts), touchée par une secousse tellurique dépassant les normes selon lesquelles elle a été bâtie.

Entre avril 2007 et mars 2008, Tepco a totalisé un chiffre d'affaires de 5.479,38 milliards de yens, en progression de 3,7% sur un an grâce à l'augmentation des revenus tirés de l'électricité fournie aux foyers et entreprises.

Cependant, son profit d'exploitation a dévissé de 75,2% à 136,04 milliards de yens à cause de la fermeture de la centrale abîmée, raison majeure qui a obligé Tepco à acheter de l'électricité aux autres compagnies nippones pour subvenir aux besoins. S'est ajouté à cela un autre facteur négatif: le prix plus élevé des combustibles. La contraction des frais de personnels grâce à des modifications du système de retraite n'a évidemment pas suffi à contre-balancer l'explosion des dépenses.

Pour l'exercice en cours qui sera clos le 31 mars 2009, Tepco s'attend à un chiffre d'affaires en progression de 6,8% sur un an à 5.850 milliards de yens.

La compagnie n'a toutefois pas fourni de précisions concernant le bénéfice net consolidé annuel "en raison de la difficulté d'estimer les frais auxquels le groupe va devoir faire face, n'étant pas, à l'heure actuelle, en mesure de présenter un plan de relance de la centrale à l'arrêt".

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Samedi 10 mai 2008

Les Echos - Mardi 29 avril 2008 -  Idées et Débats

Le point de vue de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.


 

Il y a trente ans, la France fit le choix du nucléaire. C'était le prix de son indépendance, celui sa prospérité, celui de sa liberté. Cette décision audacieuse s'accompagna de débats légitimes qu'il convient de poursuivre, mais elle a prouvé sa pertinence. Nous disposons aujourd'hui d'une autonomie énergétique dont chaque Français bénéficie : le coût de notre électricité est le plus faible du monde et notre économie est l'une des plus sobres en émission de carbone. Notre expérience et notre technologie nucléaires font de la France un acteur majeur de ce secteur stratégique.

 

Alors que le baril de pétrole, qui atteint des sommets, poursuit sa progression et que le réchauffement climatique s'impose comme l'une de nos inquiétudes majeures, le débat sur l'énergie nucléaire retrouve tout son intérêt. Face à ces enjeux planétaires, nous ne pouvons nous contenter de réponses hexagonales. Les demandes de pays qui souhaitent bénéficier de cette énergie propre et peu coûteuse sont légitimes. Pour autant, les interrogations qui entourent l'énergie nucléaire ne peuvent être ignorées. Elles exigent de la France une politique concertée, transparente et irréprochable.

 

Dans ce domaine capital, le principe de responsabilité ne justifie ni l'immobilisme ni l'égoïsme. Au-delà de considérations commerciales, négligeables au regard des enjeux humains et environnementaux, nous avons la responsabilité de saisir l'opportunité d'un contrôle accru, avec la communauté internationale, sur un domaine dont dépend directement l'avenir de notre planète. C'est en respectant certains impératifs essentiels que nous lutterons efficacement contre les tentatives de détournement de la technologie civile à des fins militaires.

 

Premier impératif : nous assurer que le développement du nucléaire civil n'aidera jamais un pays qui participe à la prolifération. La France n'exportera donc aucune technologie vers des pays qui ne respectent pas leurs obligations, qu'elles découlent du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ou des résolutions du Conseil de sécurité. Tous les pays doivent se soumettre aux exigences de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

 

Second impératif : prendre pleinement en compte la nature duale des technologies du cycle du combustible. La maîtrise de ces technologies est nécessaire à tout pays cherchant à se doter de capacités nucléaires militaires. C'est la raison pour laquelle l'exportation des technologies de l'enrichissement et du retraitement doit répondre à des critères beaucoup plus stricts que l'exportation des réacteurs eux-mêmes ou celle du combustible destiné à les alimenter.

 

Depuis plusieurs années, la France propose que ces critères soient renforcés. En attendant qu'un consensus s'établisse, elle se conforme déjà à cette exigence. Et elle soutient activement la mise en place d'un mécanisme multilatéral de fourniture, qui pourrait prendre la forme d'une banque du combustible. Cette banque garantira à chacun un accès continu à l'uranium pour ses réacteurs sans besoin de développer des capacités autonomes d'enrichissement. D'où une sécurité renforcée.

 

Troisième impératif : n'exporter que des réacteurs non proliférants, c'est-à-dire à eau légère, technique que nous maîtrisons parfaitement.

 

Au-delà de ces règles de base, notre sécurité dépend également du respect des conditions de sûreté et de sécurité par les Etats acquéreurs. La France accordera une priorité particulière à la formation des hommes, garantie d'une énergie nucléaire exploitée dans des conditions optimales. Nous souhaitons ainsi créer un centre international de formation à la technologie, à la sûreté et à la sécurité nucléaires.

 

L'ensemble de ces garanties doit s'inscrire dans une politique de transparence et de concertation. La France ne cache pas ses projets dans le nucléaire civil. Nos accords de coopération font l'objet d'une large information et sont systématiquement transmis à la Commission européenne pour accord préalable, conformément au traité Euratom. Nous profiterons également de la prochaine présidence française de l'Union européenne pour favoriser une implication plus forte de l'Union en faveur du nucléaire civil.

 

Faciliter les usages pacifiques du nucléaire va de pair avec le renforcement de la transparence et des contrôles. C'est la raison pour laquelle la France souhaite l'universalisation du protocole additionnel, aujourd'hui adopté par plus de quatre-vingts pays, qui donne des pouvoirs renforcés à l'AIEA dans sa mission de vérification des activités nucléaires des Etats. Comme je l'ai récemment affirmé à son directeur, Mohammed El Baradei, nous continuerons de soutenir l'action de cette agence, dont la mission est cruciale.

 

Le développement de l'énergie nucléaire civile nous impose de décourager ceux qui seraient tentés de la détourner à d'autres fins. C'est tout l'enjeu du dossier iranien. La moindre entorse aux principes de non-prolifération entraînerait, nous le savons, une escalade terrible. Si nous laissions un pays comme l'Iran mener des activités duales sans rationalité économique, alors que des soupçons sérieux pèsent sur la dimension militaire de ses programmes, que l'AIEA elle-même vient de renforcer, nous amènerions ses voisins à vouloir faire de même. C'est pourquoi je me suis particulièrement engagé sur le dossier iranien et continuerai à le faire, en combinant fermeté et volonté farouche de dialogue avec l'Iran.

 

Nous entrons dans une nouvelle ère nucléaire. Sachons, ensemble, la rendre synonyme de sécurité collective et de prospérité partagée, sachons la fonder sur trois piliers essentiels : promotion responsable du nucléaire pour des usages pacifiques, contrôle du cycle du combustible et banque du combustible. Tout en continuant, évidemment, sur la voie du désarmement nucléaire, en fonction d'un environnement stratégique évolutif, comme le président de la République l'a annoncé dans son discours du 21 mars à Cherbourg.

 

La France a toujours pris ses responsabilités. Les techniques dont elle a une maîtrise reconnue et respectée méritent d'être mises à la disposition des peuples. Avec toutes les garanties de prudence, de sécurité, de transparence nécessaires. Pour que l'énergie bon marché et non polluante ne soit plus l'apanage de quelques-uns mais la richesse de tous.

par Président Wonuc Fance publié dans : Actualité
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